Jacques Stephen Alexis

Source : Fokal

Année de naissance : 1922, Nationalité : Haïtien, Pays d'origine : Haïti

Jacques Stephen Alexis est né en 1922 aux Gonaïves. Il est le fils de Stephen Alexis, diplomate, journaliste et romancier, auteur de ‘’Nègre masqué’’ (1933). Jacques Stephen Alexis a fait une partie de ses études en France en 1926. Il a poursuivi ses études secondaires et universitaires en médecine en Haïti à son retour en 1930. En 1945, Jacques Stephen Alexis a publié  dans Les cahiers d’Haïti  son premier essai intitulé  « La lyre et l’épée : Témoignages sur jets lucides ». Jets lucides est un recueil  de vers libres  publié en 1945 par Hamilton Garoute, un poète surréaliste haïtien.

Jacques Stephen Alexis a co-fondé, en 1945, le journal La Ruche avec Gérard Chenet, René Dépestre, Théodore Baker et Gérald Bloncourt. C’était un journal manuscrit à caractère littéraire et social qui visait à conscientiser la population de la situation politique du pays sous le régime d’Élie Lescot dans lequel il publiait ses chroniques sous le pseudonyme de Jacques-la-colère. On peut citer sa fameuse chronique Les Lettres aux hommes vieux, publiée le 7 décembre 1945. En 1946, les membres du journal ont lancé le mouvement des cinq glorieuses, une révolte de jeunes étudiants et d’intellectuels qui a occasionné la fermeture de La Ruche et l’emprisonnement de Jacques Stephen Alexis et de René Dépestre. Le mouvement s’est répandu à travers toute la population et a abouti au départ du président Élie Lescot. Dumarsais Estimé qui a succédé à Lescot a octroyé une bourse d’étude à Jacques Stephen afin de l’éloigner du pouvoir. Parti en France,  Jacques Stephen s’est spécialisé en neurologie.

En 1949, il s’est inscrit au parti communiste Français et a épousé Françoise Montes, une française rencontrée aux Jeunesses communistes de France. Jacques et Françoise ont eu une fille, Florence Alexis, née en 1951.

Jacques Stephen Alexis a fréquenté Aragon, Senghor, Césaire, des écrivains de la Négritude et des écrivains latino-américains, et a pris part aux activités de la revue Présence africaine. En 1955, Gallimard a publié son premier roman Compère Général Soleil, une révélation qui a fait de lui un grand écrivain. Ses œuvres ont été traduites en anglais et en espagnol. En 1956, Jacques Stephen Alexis a participé au premier congrès des écrivains et artistes noirs réunis à la Sorbonne et a présenté à cette occasion une contribution intitulée ‘’Du réalisme merveilleux des haïtiens’’. En 1957, Gallimard a publié son deuxième roman ‘’Les arbres musiciens’’. En 1959 il a fondé le Parti  d’Entente Populaire, d’obédience communiste, et a rédigé de nombreux textes politiques dont le plus important a été le "Manifeste Programme de la Seconde Indépendance" ayant pour objectif la création d’un Front National Uni. Il a participé à Moscou au 30eme congrès de l’Union des Ecrivains soviétiques. En 1960, il a été reçu en Chine par Mao Tsé-Toung et est rentré en Haïti la même année où il a été persécuté par le régime de Duvalier. Contraint à un autre exil, Jacques est reparti pour Moscou, puis pour Pékin et Cuba dans l’espoir de se procurer les moyens pour renverser Duvalier. En Avril 1961, de Cuba il a tenté de rentrer en Haïti accompagné de quatre autres compagnons afin d’organiser sa lutte clandestinement. Dénoncés dès leur arrivée, les cinq hommes ont été arrêtés, et sans doute torturés et exécutés.

Bibliographie sélective

Romans     


  • Les arbres musiciens, Paris: Gallimard, 1957, 1984; Port-au-Prince: Les Editions Fardin, 1986.

  • Compère Général Soleil, Paris: Gallimard, 1955.

  • L'espace d'un cillement, Paris: Gallimard, 1959, 1983.


Contes

  • Romancero aux étoiles; contes. Paris: Gallimard, 1960


Articles sélectionnés

  •  « Contribution à la Table-Ronde sur le folklore et le nationalisme ». Optique (juin 1956): 25-34.

  • « La Culture haïtienne ». Les lettres françaises (27 septembre-3 octobre 1956).

  • « Du Réalisme merveilleux des Haïtiens ». Présence Africaine 8-9-10 (juin-novembre 1956): 245-271.

  • « Modern Haïtian Thought ». Books Abroad 30 (Spring 1956): 261-265.

  • « Où va le roman ? » (Débat autour des conditions d'un roman national chez les peuples noirs). Présence Africaine 13 (avril-mai 1957): 81-101.

  • « La Belle Amour humaine 1957 ». Europe 49.501 (janvier 1971): 20-27.

  • Préface à Jacques Roumain, Oeuvres Choisies. S. Pojarski, éd.  E.S.L., Editions du Progrès, 1964.

  • Préface à La Montagne ensorcelée de Jacques Roumain. Paris: Les Editeurs français réunis, 1972.