Aimé Césaire

Source : CEC

Année de naissance : 1913, Nationalité : Français, Pays d'origine : France


Aimé Fernand Césaire est né en 1913 à Basse-Pointe (Martinique) et est mort en 2008 à Fort-de-France (Martinique). Né dans une famille de sept enfants d’un père d’abord intendant de plantation puis fonctionnaire et d’une mère couturière, il obtient, après son lycée à Fort-de-France, où il rencontre le futur poète Léon-Gontran Damas, une bourse pour faire sa classe d’hypokhâgne au lycée Louis-le-Grand à Paris, où il arrive en 1931.


Presque sitôt arrivé il fait la connaissance du futur poète et président sénégalais Léopold Sédar Senghor et du futur écrivain et homme politique sénégalais Ousmane Socé Diop. Ces rencontres, ses retrouvailles à Paris avec Léon-Gontran Damas, vont l’amener à fréquenter dans les années 1930 un large cercle d’étudiants et d’intellectuels noirs, fédérés notamment par le salon littéraire de Paulette Nardal. C’est l’occasion pour Africains, Antillais, Guyanais et Africains-Américains de se rencontrer, d’échanger et de mettre en place des idées qui vont les aider à résister aux politiques assimilationistes du système colonial, à (re)découvrir leurs racines et à revendiquer avec fierté leur négritude. C’est notamment la re-création du journal l’Etudiant noir par Senghor et Césaire qui va jouer le rôle de caisse de résonnance.


Les années 1930 sont des années charnières pour Césaire à d’autres titres: il réussi en 1935 le concours d’entrée à l’Ecole normale supérieure de la rue d’Ulm et est invité par un ami croate, Petar Guberina, à passer l’été en Dalmatie où il commence la rédaction du Cahier d’un retour au pays natal.


Il épouse en 1937 Suzanne Roussi, martiniquaise et intellectuelle comme lui. En 1939 il est licencié ès lettres et le Cahier d’un retour au pays natal est publié dans la revue Volontés quelques jours avant son retour à la Martinique, qui coïncide avec l’arrivée de l’amiral Robert, qui devient haut-commissaire du régime de Vichy pour la Martinique. L’amiral Robert va instaurer sur l’île un régime répressif, et bientôt la publication de la revue Tropiques lancée par Césaire et ses amis devient problématique. C’est à ce moment là qu’un bateau transportant près de trois cent intellectuels, artistes et écrivains de diverses nationalités fuyant l’Occupation fait escale à la Martinique, avec entre autres André Breton à son bord. Les deux hommes se rencontrent presque par hasard et naît une sympathie qui marquera l’oeuvre de Césaire comme de Breton. Césaire rencontre aussi à cette occasion le peintre cubain Wilfredo Lam, et là aussi l’amitié sera féconde. Il est durant la guerre professeur, et certains de ses élèves sont, entre autres, Frantz Fanon ou Edouard Glissant.


Après la guerre, Césaire devient maire communiste de Fort-de-France sur une liste de gauche et député de la Martinique à l’Assemblée nationale. Il poussera à la départementalisation de la Martinique, quitte le Parti communiste français après s’y être opposé sur la question de la déstalinisation en 1956, fondera plus tard le Parti progressiste martiniquais et restera député jusqu’en 1993. Il quitte la mairie de Fort-de-France en 2001. Sur le plan littéraire il faut en particulier retenir en dehors du Cahier, Les armes miraculeuses (1946) la fondation de la revue Présence africaine avec Alioune Diop en 1947, Soleil cou coupé la même année, le Discours sur le colonialisme (1950), et Une saison au Congo (1966). Il décède le 17 avril 2008. Il est inhumé en Martinique après une cérémonie d’hommage national. Une plaque lui rend hommage au Panthéon de Paris.


Découvrez ci dessous les séquences des chroniques radiophoniques de Jean-Claude Kangomba sur l'auteur Aimé Césaire:




Une civilisation qui s'avère incapable de résoudre les problèmes que suscite son fonctionnement est une civilisation décadente. Une civilisation qui ruse avec ses principes est une civilisation moribonde.

Bibliographie sélective



  • Cahier d’un retour au pays natal, Présence africaine, 2008 (1939). Poésie

  • Les armes miraculeuses, Gallimard, 1970 (1946). Poésie

  • Soleil cou coupé, Editions K., 1947. Poésie

  • Victor Schoelcher et l’abolition de l’esclavage, éditions Le Capucin, 2004. Première édition sous le titre Esclavage et colonisation, Presses Universitaires de France (PUF), 1948. Essai

  • Discours sur le colonialisme, Présence africaine, 1989 (1950). Essai

  • Corps perdu, Editions Fragrance, 1950. Gravures de Pablo Picasso. Poésie

  • Lettre à Maurice Thorez, Présence africaine, 1956. Avant-propos de Alioune Diop. Correspondance

  • Et les chiens se taisaient, Présence africaine, 1997 (1958). Théâtre

  • Cadastre, Seuil, 1961. Poésie

  • Toussaint Louverture, Présence africaine, 1962. Biographie

  • La tragédie du roi Christophe, Présence africaine, 1993 (1963). Théâtre

  • Une saison au Congo, Seuil, 2001 (1966). Théâtre

  • Une tempête, Seuil, 1997 (1969). Basé sur The tempest de Shakespeare. Théâtre

  • Oeuvres complètes, Desormeaux, 1976. Trois volumes.

  • Moi, laminaire, Seuil, 2006 (1982). Poésie

  • Discours sur la négritude, Présence africaine, 2004 (1987). Avec Discours sur le colonialisme.

  • La poésie, Seuil, 1994. Anthologie poétique

  • Rencontre avec un nègre fondamental, Entretiens avec Patrice Louis, Arléa, 2004.

  • Nègre je suis, nègre je resterai, Entretiens avec Françoise Vergès, Albin Michel, 2005.

  • Sept poèmes reniés, David Alliot éditeur, 2010. Suivi de La voix de la Martinique. Edition bibliophilique. Poésie

  • Aimé Césaire: Poésie, théâtre, essais, discours, Éditions du CNRS, 2014. Édition critique coordonnée par Albert James Arnold.